L’histoire de la musique est marquée par de nombreux disques interdits, que ce soit pour leur contenu politique, leurs paroles jugées « subversives », ou leurs pochettes provocantes. Voici un panorama des différentes formes de censure qui ont frappé le monde du disque, particulièrement en France et à l’étranger. Une idée originale pour revisiter votre collection par catégories…
La censure politique et militaire
C’est la forme d’interdiction la plus directe. En France, plusieurs chansons ont été bannies des ondes (Radio France, RTF/ORTF) car elles heurtaient le gouvernement ou l’armée.
- » Le Déserteur » de Boris Vian (1954) : Sortie en pleine guerre d’Indochine, la chanson est interdite de radio et de vente pendant plusieurs années pour » incitation à la désertion « .
- » Nuit et Brouillard » de Jean Ferrat (1963) : Bien qu’elle traite de la déportation, elle est initialement déconseillée de diffusion à la radio pour ne pas froisser l’Allemagne, alors que le traité de l’Élysée venait d’être signé.
- » Les Ricains » de Michel Sardou (1967) : Interdite d’antenne par le général de Gaulle car elle glorifiait l’intervention américaine au moment où la France quittait le commandement intégré de l’OTAN.
Les chansons bannies des ondes (Radio Bans)
Au Royaume-Uni, la BBC a longtemps exercé un contrôle strict sur les morceaux jugés offensants pour la Couronne ou la morale publique.
- The Sex Pistols – God Save the Queen (1977) (photo): En plein Jubilé d’argent de la Reine Elizabeth II, la BBC interdit la chanson qu’elle juge de « mauvais goût ». Malgré cela (ou grâce à cela), le titre atteint la deuxième place des ventes, bien que son nom ait été laissé en blanc dans certains classements officiels.
- The Kinks – Lola (1970) : Ce n’est pas le thème de la chanson qui a posé problème, mais le fait de citer la marque » Coca-Cola « . La BBC interdisant la publicité clandestine, Ray Davies a dû rentrer d’urgence de New York pour réenregistrer le mot en « Cherry Cola ».
Les affrontements politiques et légaux
Dans les années 80 et 90, la censure s’est déplacée sur le terrain du langage et de la politique.
- N.W.A – Straight Outta Compton (1988) : Le titre Fuck tha Police a provoqué une telle polémique que le FBI a envoyé une lettre officielle d’avertissement au label du groupe. Le disque a été retiré de nombreuses grandes enseignes américaines.
- 2 Live Crew – As Nasty As They Wanna Be (1989) : C’est l’un des rares albums à avoir été officiellement déclaré obscène par un tribunal fédéral en Floride, rendant sa vente illégale avant que la décision ne soit annulée en appel.
Le sticker » Parental Advisory «
Sous l’impulsion de Tipper Gore et du PMRC (Parents Music Resource Center) en 1985, de nombreux artistes comme Frank Zappa ou Dee Snider ont dû témoigner devant le Congrès américain pour défendre leur liberté d’expression. Le résultat fut l’apposition systématique du sticker « Parental Advisory: Explicit Content » sur les albums contenant des paroles crues.
Les pochettes de disques censurées
Parfois, c’est l’image qui pose problème. De nombreux disques ont vu leur pochette modifiée ou retirée de la vente peu après leur sortie.
Les pochettes de disques censurées
Parfois, c’est l’image qui pose problème. De nombreux disques ont vu leur pochette modifiée ou retirée de la vente peu après leur sortie.
| Artiste / Groupe | Album | Motif de la censure |
| The Beatles | Yesterday and Today(1966) | La » Butcher Cover » montrait les membres du groupe couverts de viande crue et de poupées décapitées. |
| Gainsbourg | Je t’aime… moi non plus (1969) | Disque interdit dans de nombreux pays (dont l’Italie et le Royaume-Uni) pour son caractère érotique explicite. |
| Guns N’ Roses | Appetite for Destruction (1987) | La pochette originale montrait un robot violeur ; elle a été remplacée par le célèbre logo en forme de croix. |
| Scorpions | Virgin Killer (1976) | Interdite pour la nudité d’une enfant sur la photo. |
La censure insolite : La » Bones Music » en URSS
Dans l’Union Soviétique de Staline, posséder des disques de jazz ou de rock occidental était criminel. Pour contourner cette interdiction, des réseaux clandestins gravaient de la musique sur des radiographies médicales usagées. Ces disques souples et fragiles étaient appelés » Musique sur os » (Roentgenizdat).
La censure moderne et les » Parental Advisory «
Aujourd’hui, l’interdiction totale est rare dans les démocraties, mais elle a été remplacée par des signalétiques :
- Parental Advisory : Apparu dans les années 80 aux USA (sous l’impulsion du PMRC), ce logo » Explicit Content » restreignait la vente de certains disques de rap ou de métal dans les grandes enseignes comme Walmart.
- Interdictions de vente au détail : Plus récemment en France, lors du confinement de 2020, les rayons disques des grandes surfaces ont été physiquement barrés de rubans de chantier car jugés » produits non essentiels « , créant une polémique sur la valeur de la culture.
Rayon livres, une récente liste dressée par Donald Trump et les siens contenait notamment » La servante écarlate « , dont une excellente biographie de l’autrice Maraget Atwood vient de sortir chez Robert Laffont. Cet excellent bouquin s’appelle » Le livre des vies : mémoires écarlates «
Et, contrairement à une biographie linéaire classique, Margaret Atwood y livre ce qu’elle appelle un » mémoire littéraire » (en anglais, le titre original est » Book of Lives: A Memoir of Sorts) « . À travers près de 600 pages, l’autrice explore les multiples facettes de son existence :
- Une enfance sauvage : Elle revient sur ses premières années isolées dans les forêts du nord du Québec, auprès de son père entomologiste, une expérience fondatrice qui a forgé son rapport à la nature et son indépendance d’esprit.
- Les coulisses de l’œuvre : Le livre établit des liens directs entre les événements de sa vie et ses romans cultes. Elle raconte notamment le Berlin divisé des années 1980, cadre psychologique où elle a commencé à écrire son chef-d’œuvre dystopique.
- Engagements et réflexions : Elle y aborde ses combats féministes, ses réflexions politiques et sociales, ainsi que son parcours de femme de lettres dans un monde en pleine mutation.
Parce que ne pensons pas que « c’était forcément mieux avant« , mais que nous avons remarqué que « tout était dans tout » voire que « rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se transforme » ! Bref, le vintage et ses réinventions dans tous les domaines de la pop culture ont la cote pour le moment.


































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